Chapitre 1. Première douleur.
- Je ne veux pas de cet enfant Tom !
- Arrête, tu ne sais pas ce que tu dis.
- Bien sûr que si ! Je suis un garçon, et j'attends un bébé ! Alors, si Tom, je sais parfaitement de quoi je parle !
- On sera heureux mon ange, tu te feras vite a cette idée.
- Rah putain ! Je n'ai que vingt deux ans ! Je ne suis PAS prêt à avoir un gosse.
- Tu n'avorteras pas Bill !
- Ce n'est pas à toi d'en décider.
- Je suis le père je te rappelle.
- Peut être, mais il est dans mon ventre, pas dans le tien . Alors, j'avorte si je veux !
- Je t'empêcherai de tuer notre enfant.
- Tu ne pourras rien y faire Tom, et tu le sais très bien.
- Ohh si... Tu ne sais pas de quoi je suis capable ...
Je le regarde hargneusement.- Ça suffit, j'en ai assez entendu.
Je tourne les talons et grimpe rapidement les marches de sa gigantesque maison. Ma fine main manucurée s'accroche désespérément à la rampe toute faite de nacre alors que j'entends déjà ses pas me pourchasser.
Je déboule dans notre chambre comme une tornade, abaisse le verrou et me jette littéralement sur la porte du dressing. J'attrape une grande valise, la pose avec rage sur le lit, puis entreprends la tâche d'y déposer avec désordre et précipitation mes vêtements. Les coups de ses poings sur le bois de la porte augmentent d'intensité. Ma respiration s'accélère, alors que ses hurlements de rage déchirent le silence plat de sa demeure.
- PUTAIN BILL OUVRE CETTE PORTE !
Tout en essayant de faire abstraction aux assauts du dreadé, je finis de boucler ma valise, avant de me poser une question existentielle : Comment vais-je sortir de cette fichue maison ??
Je n'ai pas le temps d'approfondir ma réflexion, qu'un gros "BOUM" retentit.
La porte s'écrase alors contre le mur, sortant presque de ses gongs sous la violence du coup, laissant apparaître devant moi, un Tom, plus furieux que jamais ...- Pose cette valise Bill.
Le ton qu'il utilise pour s'adresser à moi me fait frissonner de peur, mais je me contiens tant bien que mal. J'ouvre la bouche, et dis d'une voix, que je tente de faire passer forte et assurée :- Non. Je m'en vais Tom.
- Pas question. Tu poses cette putain de valise, et tu viens avec moi !
- Je crois que tu as mal compris . Je te quitte.
- Pardon ?!
- C'est terminé entre nous Tom ! J'en ai plus qu' assez de ta possessivité, de ta jalousie et de ton putain de fric! Marre que tu ne me demandes jamais mon avis ! Marre que tu sois toujours si sûr de toi, pensant que tout t'appartient. Marre que tu me considères comme un objet, une sorte de trophée ! Je ne te supporte plus ...
Son regard se voile, mais je n'y fais pas attention. Ma valise toujours en main, je m'avance vers la porte, mais, comme je m' y attendais, il se place devant celle-ci. Je soupire d'agacement, et lui demande, le plus calmement possible, de me laisser passer.
-Ne me .. pousse pas à bout, Bill, me répond-t-il les dents serrées .
Je ferme un instant les yeux, puis reprends contenance.- Tom, tu te pousses maintenant !
Un crie de rage sort de sa bouche, alors qu'il jette un grand coup de pied dans ma main droite, qui tenait mon bagage. Je sens mes os craquer sous la force du coup qu'il vient de m'infliger.- AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Une immense douleur se propage dans tout mon bras, alors que je tombe lourdement à genoux à ses pieds, tenant doucement mon bras blessé contre mon torse tremblant. Des larmes viennent s'écraser sur la moquette hors de prix de notre chambre. Du sang coule, venant s'échouer sur mes genoux. Je relève lentement mes yeux embués vers lui. Il me regarde de haut.- Je t'avais dit de ne pas m'énerver Bill .Je n'aime pas te faire du mal. Mais si tu m'y ré-obliges, je ... n'hésiterais pas ..
Ellipse de quatre jours.
Pov Bill.
Andréas vient d'arriver. Il me prend dans ses bras un instant, puis je l'invite à prendre place sur l'énorme canapé du salon. Je m'assois en face de lui sur un fauteuil et m'adresse à la bonne:- Cyrièle, apportez pour moi une limonade et, Andréas, un coca je suppose ? Demandai-je.
-Oui, comme d'habitude.
-Bien messieurs.
Elle quitte la pièce, et un silence s'installe. Je sens le regard de mon meilleur ami sur moi, m'observant sous toutes les coutures. Finalement, après avoir terminé sa minutieuse inspection, il prend la parole:
- Tu es pâle Bill. Ça ne va pas ?
- Si si, ne t'inquiète pas. Je suis simplement fatigué.
Je tente de lui lancer un sourire, qui, au final, ressemble plutôt à une grimace.-Tu en es sûr ?
- Oui,
dis je d'un ton ferme. Je reprend plus doucement : Et toi ?
-Ça peux aller. D'ailleurs, John t'embrasse.
- Oh, tu lui retourneras.
John est le fiancé d'Andréas, et aussi le patron de Tom. C'est le directeur de l'agence de mannequina où il travaille, et Andy est aussi un de ses modèles. C'est là-bas qu'ils se sont rencontrés tous les deux, il y a six ans, c'est à dire bien avant mon arrivée à Los Angeles. Depuis, c'est l'amour fou entre eux. C'est lorsque Tom a commencé à travailler là-bas que j'ai connu Andréas. Lui et son homme sont souvent venus dîner ici. Puis, de file en aiguille, nous sommes devenus les meilleurs amis du monde.- Où est Tom ?
me demande t' il.- Au studio. Il y est depuis ce matin, pour la nouvelle collection.
- C'est normal, en ce moment, nous sommes surchargés.
- Pourquoi n' y es tu pas d'ailleurs ?
- Eh bien, à ce qu'il parait, je n'ai pas le look requis pour faire ces séries de photos,
dit il hargneusement.- Oh ...Pourtant, tu es l'un des meilleurs modèles de la boîte,
dis-je, étonné.- Oui, mais d'après eux, je suis trop " cool-cool " . John m'a dit que leurs ensembles étaient bien trop sérieux pour moi. Mon propre fiancé ne me trouve pas à la hauteur...
- Andy, il ne voulait sûrement pas te blesser. Tu ne peux pas être bon partout. Tu te rattraperas la prochaine fois. Qu'elle est ton prochain contrat ?
-Collection d'hiver, pour Calvin Klein.
- Eh bien ! Cela est très prometteur. Cette marque est plutôt renommée. Tu devrais t'en réjouir, au lieu de penser à cet échec.
- Oui ! Tu as raison Bill. Dis moi, tu ne souhaites toujours pas venir travailler chez nous ?
- Oh non, tu sais, le mannequina ne m'a jamais vraiment intéressé.
C'est un mensonge bien sûr. J'ai toujours rêvé de bosser dans une agence de mode. Malheureusement, Tom a toujours refusé. Il ne veut pas que j'exhibe mon corps aux centaines de personnes qui regarderont les photos. J'ai déjà essayé de relancer le sujet plusieurs fois, mais à chacun de mes essais, il se met en colère, et me dit que si je tiens à lui, je dois respecter cela.- C'est bien dommage,
reprend Andréas. Tu as un physique des plus avantageux. Tu ferais fureur.
- Merci. Mais je préfère rester à la maison. Je n'aime pas tellement avoir des responsabilités.
- Il faudra bien que tu apprennes à en avoir, le jour ou Tom et toi souhaiteriez fonder une famille.
Mes yeux s'ouvrent brusquement. J'avais oublié que Andréas était au courant pour mon hermaphrodisme.
Je reprends contenance et lui réponds simplement :
- Oh tu sais, il est trop tôt pour parler de ça.
- Vous en avez discuté tous les deux ?
- Bien sûr. Mais ... Il pense comme moi.
- Ah, ok .. Mais je te préviens, dès que tu te seras fait à l'idée, tu me préviens. Je veux être le parrain U_U.
Nous éclatons de rire, pendant que Cyrièle arrive enfin avec nos verres.- Désolé du retard messieurs, j'ai dû prendre un appel important.
- Ce n'est rien. Merci.
Je bois un peu de ma limonade, avant de la poser sur la table.
Nous continuons de discuter de tout et de rien jusqu'à dix sept heures. Puis, Andréas me dit qu'il doit prendre congé. Je l'accompagne jusqu'à la porte, et il me reprend dans ses bras. Puis, il tourne les talons vers la porte. Je fais de même pour retourner au salon, mais il attrape soudainement mon bras, en lançant :- Au fait Bill, tu n'a pas /
Sa phrase est coupée par un long gémissement de ma part. Il me lâche, surpris, et je m'empresse de plaquer mon bras meurtri contre ma poitrine.- Bill ?
- Heu ... C'est rien Andréas.
- Montre moi ton bras.
J'allais le contredire, mais le regard qu'il me lance me dissuade de le faire. Alors, lentement, je soulève la manche de mon pull, et je retire le bracelet éponge que Tom m'oblige a porter.
Il regarde ma blessure et pousse un cri d'étonnement. Il est vrai que cela fait un peu peur. Tom n' y a pas était de main faible. Ma peau est bleuie, presque noire par endroit. Cela fait quatre jours qu'il m'a frappé, mais c'est toujours aussi visible.- Mon dieu Bill ! Comment ??
Dois je lui dire ? J'hésite, les paroles de Tom me reviennent alors en mémoire.Flash Back ( retour il y a quatre jours)
J'entends les pas de Tom monter les marches. La porte grince, et le matelas s'abaisse. Il se penche sur mon corps et caresse ma joue que je m'empresse de dégager. Je me tourne alors, sur mon flanc gauche, de façon à être de dos à lui. Non mais il croit quoi la ? Il m'a frappé, puis vient de me laisser quatre heures seul dans cette chambre avec un bras qui pisse le sang et qui me fait terriblement souffrir. Je n'en reviens pas qu'il ait osé lever la main sur moi. Lui qui dit qu'il m'aime, il a de drôle de preuves d'amour. De plus, je n'ai pas pu bouger de cette fichue chambre, vue que monsieur avait fermé la porte à double tours.- Bill ...
- Fiche moi la paix.
dis-je à travers mes sanglots.- Montre moi ton bras.
- Et pourquoi faire ?? Pour que tu retapes dessus ?
- Bien sûr que non. Il est vrai que je me suis un peu emporté, mais ..
- Un peu,
dis-je en me tournant vers lui. Tu te fous de moi ? Tu m'as cassé le bras connard !
- Tu baisses d'un ton tout de suite !
Je n'en reviens pas. En plus de ça, il ose me donner des ordres.
Je me relève et cours vers la porte, mais il m'attrape par la taille et me plaque contre son torse. Je me débats comme je peux, mais sa prise sur mes hanches est trop forte.
- LÂCHE MOI !!
- Non. Tu vas me suivre gentiment jusqu'à la salle de bain, où je vais te soigner.
Il me traine et m'assoit de force sur la baignoire. Il se retourne, prend des produits dans le meuble, puis vient s'accroupir devant mon bras. Il nettoie doucement la plaie.- Ce n'est pas cassé.
- Qu'est ce que tu en sais ? T 'es pas médecin à ce que je sache !
- Non, mais je plie ton poignet depuis tout à l'heure.
Il m'énerve ! Il termine sa tâche, puis place une bande autour de mon bras. Il farfouille ensuite dans mon meuble et ressort un de mes nombreux bracelets éponges.- Pourquoi tu sors ce truc ?
- Pour cacher ta blessure. Tu vas le mettre, et ne pas l'enlever jusqu'à ce que ça disparaisse. Et bien sûr , je t'interdis d'en parler à quelqu'un.
- Qui te dit que je vais t'écouter sagement ? demandai-je hargneusement.
- Tu sais très bien de quoi je suis capable mon amour. Je suis un homme puissant juste grâce a mon père. Tu sais que, partout ou tu iras, je te retrouverai. Toi... et notre enfant. Vous êtes tous les deux, à moi...
- Je ne te reconnais plus Tom ...
Il sourit tristement, puis pose fortement sa bouche sur la mienne, tout en tenant mon menton au cas où j'essaierais de l'en empêcher. Après ce chaste baiser forcé, il se retourne et quitte la salle de bain, après avoir dit:- Le diner sera près dans dix minutes.
Fin flash Back.
- Je me suis cogné,
décidais-je de répondre.- Bill... Dis moi la vérité, s'il te plait.
Je le regarde dans les yeux. Je n'aime pas lui mentir. Je peux bien lui dire une partie de vérité, sans pour autant tout lui divulguer. Après tout, c'est mon meilleur ami.- Je me suis disputé avec Tom... Et, il a perdu le contrôle...
- PARDON ??? C'est Tom qui t'a fait ça ?
- C'est rien Andréas. Il n'a pas voulu me faire du mal.
- Ce n'est pas rien Bill. Il a levé la main sur toi !
- N'en parlons plus Andy. Il été très énervé. Il m'aime, et il s'est excusé. S'il te plait, n'y pense pas.
- Très bien Bill,
souffla-t-il. Mais, je veux que tu me promettes de m'appeler, s'il arrive quoi que se soit.
- M'oui
-Promets le moi mon chou.
- Je te le promets.
Il me prend dans ses bras une nouvelle fois, puis me lance un regard triste, avant de partir.
Je retourne au salon, puis me pose sur le canapé en regardant la télévision.[...]
Je sens quelque chose me toucher la joue. J'ouvre un ½il, puis deux, et vois Tom penché au dessus de moi, qui me suis endormi dans le salon. Il caresse ma joue, tout en me regardant amoureusement.- Bien dormi mon c½ur ?
Je m'empresse de me reculer, et lui réponds d'un ton sec :- Oui.
- Oh, tu m'en veux encore ?
- A ton avis ?!
Il souffle d'exaspération, puis me dit:- Bon, viens manger, il est dix neuf heures.
- J'ai pas faim.
- Oé ben tu viens quand même.
- Non mais arrête de me donner des ordres là !
dis-je en me levant du canapé.- Tu viens manger et c'est tout Bill !
- Non.
Je marche en direction des escaliers, mais il m'attrape par les hanches, en me faisant reculer.
- Bill, ne m'énerve pas!
Je me retourne, hors de moi :- Putain de merde ! C'est une habitude que tu as prise de m'obliger à aller où tu veux ou quoi ? JE SUIS PAS TON CHIEN !!!!
- Bill ...
- Tu sais quoi Tom ? Tu m'as ASSEZ énervé comme ça. Alors, je te conseille de ne pas en rajouter ! Maintenant tu me fous la paix ! Je descendrai quand j'aurai faim !!
Ahhh, ça fait du bien ^^.
Je tourne les talons, et grimpe dans notre chambre. Une fois arrivé, je saute à plat ventre sur le lit, et soupire de soulagement. Putain, finalement, il suffit juste de le remettre en place de temps en temps.
J'allais m'endormir lorsque je sens mon portable vibrer dans ma poche.
Je le sors et regarde l'écran:1 nouveau message de :
Andy de mon c½ur <3
Billou que j'aime, j'ai pas de taf demain. Ça te dit une journée shopping ?
Bisous
Andy.
Je m'empresse de répondre :Bien sûr que ça me dis *.*
Passe me prendre à dix heures, on
en profitera pour bouffer ensemble. Ça va me faire du bien de
sortir.
Merci !
Bill <3
J'éteins mon portable, et finis par me laisser bercer par Morphée.
[...]
Je sens une main me décaler, puis retirer mon t-shirt. J'ai envie de bouger, car je sais que c'est Tom, mais je suis trop dans le pâté pour bouger.
Une fois torse nu, il m'enlève mon pantalon, me prend dans ses bras, et me glisse sous la couette.
Quelques minutes après, son torse chaud se colle à mon dos. Il dépose un baiser sur mon épaule, puis glisse sa tête dans mon cou, et finit par s'endormir. J'aurais pu me décaler, mais je n'ai pas envie de l'énerver encore plus. Ces moments de calme sont de plus en plus rares, et puis, je dois avouer... que sa présence me manque. C'est tout de même l'homme dont je suis amoureux.
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Hallo !
Alors, ce premier chapitre ?
Qui souhaite être prévenue de la suite ?
Merci a toutes pour vos commentaires :)
Cassouille.